L'histoire de Robert

Une rencontre

DHphoto nous raconte ici ce qui lui a donné envie de s'intéresser aux personnes déficientes intellectuelles.

Bonne lecture à vous.

 

 Pour commencer, et pour être tout à fait franc, je n’avais pas de vocation particulière au début. Je suis plutôt tombé dedans par hasard. Bien qu’ayant toujours été attiré par le social et la relation aux autres, j’avais – comme malheureusement beaucoup de personnes – une grande appréhension par rapport aux personnes déficientes intellectuelles.

 

 

Faisant régulièrement des colonies de vacances en tant qu’animateur, un ami m’a un jour demandé de le dépanner en tant qu’accompagnateur sur un séjour adapté dont il était responsable. Ma curiosité l’a alors emporté sur mon appréhension.

 

 

Je me souviendrai toujours de Robert, une des personnes accueillies d’une quarantaine d’année, avec une tête énorme, un gros nez rouge qui trônait au milieu de son visage comme une grosse patate et des yeux gris qui semblaient regarder de travers. Du moins c’est comme ça que je le voyais au moment de la rencontre. Au moment de me présenter à l’ensemble du groupe, Robert s’avança vers moi et me fit : « T’as d’beaux yeux ! On s’embrasse ? » et il s’avança vers moi le regard plein de malice et la bouche en cul de poule. Je ne sais pas pourquoi mais ça m’a immédiatement décoincé. J’ai senti le bluff et je lui ai répondu : « Bah oui ! Sur la bouche ? ». Il s’est alors arrêté, s’est mis à rire et m’a dit : « J’t’aime bien toi, t’es un bon. ».

 

 

Depuis ce moment-là je vis Robert, une tête ronde avec des joues colorées et marqué par la vie. Je le trouvai beau. C’est lui qui m’a donné envie de m’intéresser aux personnes déficientes intellectuelles car il m’a fait comprendre que la beauté n’était pas figée dans des préceptes prédéfinis mais que c’était avant tout la relation que l’on entretient avec l’autre qui fait surgir la vrai beauté d’une personne. Et sur ce point-là ce sont les personnes déficientes intellectuelles qui ont les plus grands trésors à partager. Il faut juste se donner la peine de les découvrir.